Dimanche, 8 December 2019
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Affaire des siamoises:Happy End

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Après près d’un an de vie collées au niveau de l’abdomen et du foie, elles ont été séparées avec succès le 13 novembre dernier dans un hôpital de Lyon en France. Récit d’une extraordinaire aventure.

Par Guy Martial Tchinda

Une nouvelle vie commence pour Bissie et Eyenga. Ces jumelles camerounaises nées siamoises ont été séparées avec succès après une intervention chirurgicale. L’information a été rendue publique par Hospices civils de Lyon en France il y a deux jours. « Bissie et Eyenga vont bien. Les deux petites siamoises camerounaises sont maintenant des jumelles.

L’opération réalisée par Hospices civils de Lyon pour les séparer a duré cinq heures et a mobilisé une équipe par petite fille. Un grand merci aux équipes pour leur formidable travail […] », a écrit la formation sanitaire basée en France sur la page Facebook de son Hôpital femme, mère et enfant le 13 novembre dernier. Une équipe d’une vingtaine de spécialistes constituée de pédiatres, de radiologues et d’infirmières se sera relayée pour garantir le succès de cette intervention.

Une annonce qui a été accueillie avec joie par des internautes qui ne tarissent pas d’éloges à l’endroit des spécialistes. Ces derniers souhaitent d’ailleurs un prompt rétablissement aux jumelles qui évolueront désormais séparées l’une de l’autre. Une joie que partagent aussi les autorités camerounaises. « Très heureux d’apprendre que les bébés siamois évacués à Lyon auront désormais, par la grâce de Dieu, une vie normale, puisque l’opération s’est bien déroulée. Bravo à ce fantastique corps médical », s’est réjoui le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda.

Plateau technique

Ce ouf de soulagement pour les enfants et leur famille arrive une dizaine de jours après leur évacuation à Lyon. Évacuées après un séjour de près de 12 mois à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, insuffisamment équipées pour les opérer, les enfants étaient collées par l’abdomen et le foie.

En effet, les fillettes siamoises voient le jour par césarienne le 6 novembre 2018 dans un centre de santé à Ayos, département du Nyong et Mfoumou, région du Centre. Elle sont ensuite transférées à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) pour une meilleure prise en charge. Elles y sont accueillies le 12 novembre 2018.

« Elles avaient ce qu’on appelle une omphalite. Nous avons soigné cela et au fur et à mesure, d’autres problèmes de santé dont des infections virales ont fait leur apparition. Au cours de cette hospitalisation, nous avons fait ce qui est nécessaire pour leur santé », expliquait Pr Fru Angwafo III, directeur de cette formation sanitaire, dans une interview accordée à notre consœur Olive Atangana, au mois d’avril 2019. « Nous pensons pour ce cas précis, que la séparation vaut la peine. Le foie étant fusionné partiellement, la séparation est possible », avait-il poursuivi.

Le directeur de l’Hgopy ne cache d’ailleurs pas l’incapacité des plateaux techniques des hôpitaux camerounais à offrir cette chirurgie qui nécessite une multitude de compétences en termes de spécialistes. Il indique à cet effet : « Nous avons eu cinq réunions multidisciplinaires avec tous les spécialistes qui se trouvent à Yaoundé et à Douala et des éminents spécialistes de nos facultés en chirurgie pédiatrique, hépatique, anesthésie réanimation, pédiatrie et néonatalogie et en biologie clinique. Au départ, nous avons voulu faire une prise en charge au niveau local. Mais, on s’est buté au plateau technique qui n’était pas adéquat pour ce cas précis ».

Longue attente

Face à cette incapacité, l’option d’une évacuation sanitaire est envisagée. Selon des sources, celle-ci est évaluée par l’hôpital lyonnais choisi pour l’intervention, à hauteur de 40 millions Fcfa. La famille, incapable de mobiliser une telle somme, pousse un cri de détresse. « J’ai besoin d’aide. Il faut de l’argent pour faire voyager mes enfants et leur donner une chance de survivre et d’avoir une vie normale », supplie Laurelle Ngali, la mère des enfants. Elle, qui dit avoir été abandonnée par son copain et père de ses enfants. « Il est arrivé mais dès qu’il a vu les enfants, il a fui. Il a dit qu’il ne peut pas avoir fait de tels enfants ».

De sources concordantes, un dossier relatif à cette évacuation a aussitôt été introduit au ministère de la Santé publique d’où un cadre précise que ce dernier a été traité et envoyé au ministère des Finances. Dans la foulée, face à la longue attente, Journalistes, influenceurs et toutes autres âmes sensibles se saisissent du dossier. Les appels à l’aide se multiplient et les âmes de bonne volonté se meuvent. Chacun à son niveau apporte son concours pour que la jeune dame ait au quotidien de quoi subvenir aux besoins des jumelles. Des appuis qui s’ajoutent à l’appui constant de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé.

Le dossier d’évacuation aboutira finalement au mois d’octobre. « Une fois que le ministère de la Santé publique a validé le dossier d’évacuation, c’était au ministère des Finances de valider l’aboutissement, ce qui a été fait. L’argent a été transféré à l’ambassade du Cameroun en France et éventuellement de l’ambassade à l’hôpital de Lyon où les enfants doivent être pris en charge », a rassuré le directeur général adjoint de l’Hgopy, Dr Charles Nsom Mba, dans Cameroon tribune, édition du 22 octobre 2019. Selon ce confrère, un mois après leur séparation, les enfants devraient passer  quatre semainesde plus à Lyon pour le suivi. Le début d’une nouvelle vie.

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