Vendredi, 25 Mai 2018
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Adolphe Minkoa She: recteur…17 ans plus tard

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Adolphe Minkoa She

Après un long séjour dans les arcanes des universités comme vice-recteur, Adolphe Minkoa She, le professeur agrégé de droit est officiellement installé à la tête de celle de Yaoundé II-Soa.

Par Thierry Etoundi

«C’est un homme fier et il ne parle pas aux personnes qui ne sont pas de sa trempe
comme s’il était surhumain ». C’est un avis que partage plus d’un quand il faut décrire le nouveau recteur de l’Université de Yaoundé II-Soa. Adolphe Minkoa She, de part son comportement, est un homme qui semble être sorti de la cuisse de Jupiter dit-on. Que non! Mais, de celle de feu Paul She Onana, son père de regrettée mémoire. Ce natif de
Mvengue, dans le département de l’Océan, région du Sud est resté égal à lui-même au
cours de son installation à la tête de l’université de Yaoundé II.

Aux côtés de Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup),
lors de son entrée dans la salle des Actes, il garde le visage ferme. Le pas certes rapide mais millimétré, il a les sourcils remontés tel un lion aux aguets et les yeux toujours chercheurs d’où le surnom de « l’homme qui regarde le ciel ». Pour l’universitaire
Georges Kobou : « le nouveau recteur donne l’impression d’être un homme imbu de sa personne et je crois que c’est une attitude qui lui a causé beaucoup de problèmes dans ses rapports avec les autres. Pour l’avoir suffisamment côtoyé, je peux affirmer que
cette conduite est une carapace parce qu’un peu timide pourtant c’est un homme très ordinaire ».

Adolphe Minkoa She, professeur agrégé des facultés de droit françaises (section droit privé et sciences criminelles) en juin 1991 est baptisé « Djock Kaar » qui veut dire en
langue Bassa’a « l’éléphant du livre » par Jacques Fame Ndongo. « LeMinesup m’a donné une charge claire et il m’appartient de l’exécuter avec fermeté, intelligence, humanisme pour mettre tout le monde au travail. Les grands axes ont été déclinés et dans deux mois il y a une rentrée académique. Il y a des sauts qualitatifs que nous allons devoir faire, par exemple l’inscription en ligne pour un début et mettre le cam-
pus au niveau de gestion prescrit pour le Minesup », explique celui qui obtient en décembre 1987, son doctorat d’Etat en droit avec une mention très honorable accompagné d’éloges du jury et le premier prix de thèse à l’Université Robert Schuman (Strasbourg III) en France.

Pendant la cérémonie, il n’a souri qu’environ cinq fois. Jacques Fame Ndongo, après son installation, a exigé que les sommités de la science viennent le féliciter. Demande identique pour Maurice Tchuente, le nouveau président du conseil d’administration (Pca) de cette institution universitaire. Le public a observé un nombre impressionnant d’accolades chez le Pca tandis que chez l’ancien vice-recteur chargé des enseignements, de la professionnalisation et du développement des technologies de l’information et de la communication, on a eu droit qu’à des poignées de main. Seuls deux universitaires ont dérogé à la règle. Le premier, Joseph Owona l’a étreint.

Le second, Pascal Messanga Nyamding, l’a serré contre lui en basculant de la gauche vers la droite neuf fois tout en le tapotant. Une scène qui a électrisé la salle. Outre les youyous scandés ça et là, on a eu l’impression que le fils d’Anastasie Bindanga Minkoua, est un enfant prodige. Et pour cause, des langues se sont déliées avec
des paroles telles que « enfin un recteur enseignant de droit», « lui au moins connaît la maison qu’il va diriger », etc.

le Minesup pense que le tandem installé doit redynamiser l’université de Yaoundé II-Soa et que les défis à relever avec méthode, rigueur et en parfaite synergie chacun respectant les attributions et les prérogatives,de l’autre afin d’éviter toute formes de télescopage. Selon une source au sein de cette université : « il doit se battre pour ramener le personnel démotivé depuis deux ans parce que l’ancien recteur avait certes le pouvoir administratif mais,il n’avait pas le pouvoir académique. Une lacune qui a permis à plus d’un de faire comme bon leur semble et je pense que l’ornière dans laquelle il a été plongé pendant 17 ans l’a rendu un peu frondeur ».

Le nouveau recteur est un mélomane et un guitariste. Comme autre passion, il affectionne le football et son poste de prédilection est celui de gardien de buts. Il fera face à,des défis structurels, managériaux, fonciers et financiers avec à la clé une gestion orthodoxe des ressources humaines. « Vous serez jugés au regard de la consommation à bon niveau du budget d’investissement et du budget du fonc-
tionnement sans incongruité », précise le chancelier des ordres académiques au cours de son discours d’installation qui a avoué avoir obtenu son Certificat d’études primaires et élémentaires (Cepe) au domicile du père du nouveau promu. Pendant le règne de Jean Tabi Manga comme recteur de l’Université de Yaoundé II, au cours de certaines cérémonies, Adolphe Minkoa She, Magloire Ondoa et bien d’autres n’y assistaient pas, alors qu’ils étaient pourtant,conviés.

Notre source nous révèle : « ces frondeurs arrivaient 20 à 30 minutes après le début de la cérémonie. Généralement, le recteur n’était accompagné que de la secrétaire générale. Je crains que ces collègues frondeurs d’hier lui servent le même traitement. La voie des étudiants n’est pas assez audible, c’est pourquoi le nouveau recteur
s’est toujours érigé en défenseur de ces derniers». Une indiscrétion au sein de cette institution universitaire révèle que, lorsqu’il était vice-recteur, ce dernier, a souffert du manque d’appuis du recteur sortant, Ibrahima Adamou, dans son rôle de chargé des enseignements.

Le nouveau recteur de l’Université de Yaoundé II-Soa a été entre octobre 1998 et mai 2000, vice-recteur chargé des enseignements à l’Université de Douala. Le conseil que lui donne Georges Kobou est celui d’apprendre à converser même avec le plus bas des subalternes parce que ces derniers ont souvent la bonne information lorsque se présente une situation désastreuse. « Il n’a pas souvent été d’accord avec certains traitements à l’endroit des étudiants plus précisément au niveau des écoles professionnalisantes où le doyen a engagé un certain nombre de choses.

Des choses qui sont à l’origine d’un déficit dans le budget de l’université,à plus de 900 millions de Fcfa. Sans oublier le passage de 50000 à 100 000 Fcfa des frais de pension en capacité », renchérit notre source sur les patates chaudes auxquelles celui qui est aujourd’hui professeur titulaire hors échelle,doit plancher sérieusement.

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