Mercredi, 19 Février 2020
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Adamaoua:Le préfet du Mayo-Banyo sur la sellette

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Accusé d’avoir promis des représailles aux chefs traditionnels qui viendraient à voter l’opposition, Charles Gall s’en défend.  

Par Hugo Tatchuam (Jade) à Banyo

La caravane de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) qui parcourt en ce moment les villages du Mayo-Banyo dans la région de l’Adamaoua, frontalier au Nigeria, pour battre campagne, paie le prix fort des instructions du préfet de ce département, Charles Gall. En effet, deux semaines avant le début officiel de la campagne électorale, le chef de terre a entrepris une pré-campagne dans chaque village de son territoire de commandement. Il a rencontré tous les « Djaouro » (chefs traditionnels), personnalités très influentes ici. Ce dernier aurait alors menacé de les suspendre s’ils venaient à accorder leurs suffrages à l’opposition. « Dans tous les villages où nous passons depuis le début de la tournée, vous voyez que les chefs traditionnels ne viennent pas au rassemblement pour nous écouter. Ils ont peur et préfèrent rester chez eux. Ils ont été fortement intimidés par le préfet. Il leur a dit que le chef qui vote pour l’opposition ou permet à sa population de voter pour l’opposition, non seulement son salaire sera suspendu, mais il sera destitué par le gouvernement », rapporte Garba Soulé, tête de liste Undp aux municipales à Banyo.

Toujours selon ce dernier, l’autorité administrative se serait également rendu dans presque tous les villages du département frontaliers avec le Nigeria. « Il s’est rendu à Boudjounkoura, à Mbengué Ndjie, à Mbamti, à Mayo-Darlé et même à Bankim pour donner les mêmes instructions aux chefs traditionnels ». La caravane de l’Undp, partie de Banyo, effectue un premier arrêt le 27 janvier dernier au village Mayo-Fouorou, à 20 km de Banyo. Les populations sont massées par centaines pour l’attendre. Mais dans cette foule, le chef du village est absent. Si rien en principe ne l’oblige à être là, l’Undp conclut très vite qu’il a préféré respecter les instructions du préfet. Dans un discours décousu, un patriarche du village annonce les problèmes qu’il souhaite que le prochain exécutif résolve. « Il faut nous aider à établir les actes de naissances pour nos enfants, réduire le nombre de contrôles de police sur la route, nous aider à avoir de l’eau et de la lumière », plaide le patriarche.

La caravane de l’Undp reprend ensuite le chemin, et une demi-heure plus tard, sur une route non bitumée et en mauvais état, nous arrivons au village Mayo-Banyo-Bariki. Cette fois, les populations sont moins nombreuses. C’est dans l’esplanade de l’unique école primaire du village que se déroule la rencontre.

Influence

Ici aussi, le chef de village est absent. L’un des notables, non satisfait de la situation, se lâche. « Le préfet menace de couper le salaire du chef s’il supporte l’opposition. Ici, ce sont des villages montagneux ; nous sommes très loin des villes. Les autorités ont donc beaucoup d’influence sur les populations », explique-t-il. La suite de la tournée nous emmène dans le village Mbah, à 58 km de Banyo. Il est situé en pleine savane, séparé du Nigeria juste par une petite colline. Comme dans les autres villages, une petite réunion s’improvise sous une petite tente. L’équipe de campagne de l’Undp se heurte au repli des populations, qui ont visiblement peur de voter pour quelque parti d’opposition que ce soit. Aucune trace du « Djaouro » du coin. Sous un soleil ardent, la caravane de l’Undp, constituée de 10 véhicules et motos reprend le chemin. Cette fois, jusqu’au village Sambolabo, un fief imprenable du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) depuis 18 ans. « C’est un choix stratégique. Nous sommes venus ici parce que c’est ici que le Rdpc triche lors de chaque élection. Nous allons tout faire pour gagner ici, vu que dans les grandes villes nous sommes déjà sûrs de notre victoire », assure Garba Soulé.

Sambolabo n’est autre que le village natal des ministres Abba Sadou et Hamadjoda Adjoudji. Mais il manque de tout : routes, eau, électricité, etc. Il compte un petit hôpital qui souffre de l’absence d’un personnel soignant. Les jeunes révoltés d’ici crient leur rage contre le Rdpc et souhaitent faire confiance à tout autre parti qui pourrait leur apporter le changement. Le préfet Charles Gall que nous avons rencontré à Banyo au retour de cette campagne balaie du revers de la main, les accusations portées contre lui. Ce dernier dit n’avoir jamais donné des consignes aux chefs de villages. « J’ai demandé aux chefs de voter en tenan

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