Mercredi, 14 Novembre 2018
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Achille Mengamenya: Il  y a une circulation des armes et munitions de guerre à Lobéké

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Participant aux assises de la réunion du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo,  Conservateur du parc national de Lobéké au Cameroun propose une formule pour la préservation de la faune.

Que faire pour  la survie de la faune sauvage et des aires protégées ?

L’approche de gestion des aires protégées a évolué depuis le sommet de Rio en 1992 ; il est question de placer l’homme au centre des préoccupations ; ce qu’il faut l’intéresser à la conservation. Il ne s’agit pas pour nous de venir avec des recettes toutes faites pour les imposer à la population mais de l’amener à identifier l’intérêt qu’elle tire de la forêt, l’amener à sauvegarder cet intérêt et en ce moment l’Etat et les organisations non gouvernementales (Ong) viennent appuyer les initiatives des communautés. Cela permettra qu’elle s’approprie le  processus.

Quel est le risque à proposer des modèles calqués de projets aux communautés environnantes?

C’est malheureux parce que c’est vraiment là l’une des causes potentielles des échecs. La fin du projet correspondant assez souvent au retour de la population à ses anciennes pratique. En milieu forestier où nous vivons, les communautés pensent que la forêt est leur bien leur héritage et celui qui vient vers eux ne doit pas leur apporter ses recettes à lui, il doit plutôt les accompagner sur ce qu’ils font déjà. Par expérience lorsque vous arriver avec une recette, la population pense que c’est l’affaire des autres et n’adhère pas.

Peut-on ici ignorer le problème des ressources humaines dont souffrent les aires protégées et la lutte anti-braconnage en général ?

Le problème des ressources humaines est réel. Pour le parc national de Lobéké par exemple, le noyau dur a une superficie de 700.000ha. Il faut les sécuriser, il y a des aspirations des populations locales qu’il faut assurer avec une cinquantaine de personnes. C’est largement insuffisant en nombre. Sans oublier que ce personnel n’est pas de qualité. Nous sommes en quête d’un plan de restructuration du personnel qui devait tenir compte de la nécessité soit de recruter des experts dans les différents domaines, soit de renforcer les capacités de ceux qui sont déjà là en leur donnant les possibilités de se spécialiser dans les différents domaines qui régissent les différents postes de travail.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?

Le braconnage est notre première difficulté. Nous sommes en zone frontalière                avec des pays qui ont eu des conflits socio-politiques. Avec la fluidité des frontières, il  y a une circulation effective des armes et munitions de guerre à Lobéké. Vous avez également l’appât du gain avec la montée du prix de l’ivoire depuis 2010 dans le marché noir qui fait prendre des risques aux braconniers.  Nous pouvons aussi signaler l’insuffisance en moyens logistiques même si je dois beaucoup louer les efforts de l’Etat à Lobéké qui, contrairement aux autres aires protégées du Cameroun, bénéficie du fonds fiduciaire géré par la fondation du Tri national de la Sangha qui a réussi a mobiliser une importante somme en 2015 pour la mise en œuvre de son plan quinquennal 2015-2019. Toutefois les défis étant toujours nombreux,  un appui au développement reste nécessaire.

Propos recueillis par Adrienne Engono Moussang

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