Jeudi, 16 Août 2018
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A la maison : La chicotte fait toujours mal

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La chicotte

Si certains parents ont opté pour la chicotte un mode de sanction, d’autres choisissent des punitions plus pacifiques.

Par Vanessa Bassale

A l’aide d’une ceinture qu’il vient de détacher de son pantalon, Ali, 58 ans, inflige une correction à son fils de 12 ans. Dans la cour de sa maison située au quartier Ahala à Yaoundé, de nombreux voisins et passants ont accouru pour voler au secours du garçon qui pousse des cris de détresse. Les différentes supplications de ceux-ci et celles du petit garçon ne parviennent pas à attendrir ce papa. «Cet enfant exagère ! Il m’a volé 50.000 Fcfa prévus pour les frais de scolarité de sa sœur», lance ce parent en reprenant son souffle. Aussitôt, comme pour un débat télévisé, les spectateurs unanimes au départ se divisent en deux groupes. Certains, estiment que la chicotte n’est pas le meilleur moyen de corriger cet enfant, car elle ne fera pas réapparaître l’argent dérobé. «Si cet enfant se blesse, c’est son père qui devra encore dépenser pour ses soins», lance l’un d’eux. Toujours dans la foule, une vieille dame estime que cette bastonnade est la solution adéquate pour résoudre définitivement ce problème de vol. «Je suis sûre que ce n’est pas la première fois que ce délinquant vole de l’argent. Les fois précédentes, on a certainement opté pour la méthode douce. Résultat : il a continué à voler», argumente-t-elle, en s’éloignant de la fenêtre par laquelle elle regardait la scène. «C’est parce que les parents ne sont plus autoritaires que cette génération est si dépravée», conclut cette dernière. Cet échange plutôt banal fait resurgir une question qui continue de diviser : l’usage du fouet dans l’éducation des enfants. On retrouve d’un côté ceux que l’on pourrait qualifier de traditionnalistes qui conseillent une éducation à l’ancienne avec des châtiments physiques et de l’autre, les progressistes, qui sont tournés vers une éducation copiée sur le modèle européen. Cependant, même si les avis divergent, certains observateurs s’accordent à dire que la chicotte aura toujours une place de choix dans notre société. «Je n’aime pas frapper mes enfants, mais parfois, j’y suis contrainte», explique Josiane P., infirmière. «J’ai remarqué que lorsque je fouette l’un d’eux, il se tient tranquille pendant au moins deux semaines. Je sais qu’il obéit par peur et non par respect, mais au moins il obéit», conclut-elle avec un sourire coupable. Si pour Josiane le fouet permet de résoudre rapidement des problèmes, pour certains, c’est un acte abominable qui n’a plus sa place dans l’éducation d’un enfant. «J’ai pris l’initiative de ne plus fouetter mes enfants. Pour les punir, je me contente de les priver de choses qu’ils aiment», confie Hector Ngouem, propriétaire d’un atelier de menuiserie au quartier Nsam à Yaoundé. «J’ai commencé en réduisant l’argent de poche et les privant de repas, de télévision ou de sorties, selon la gravité de l’acte posé», détaille ce dernier. Tout comme l’usage du fouet qui peut s’avérer néfaste pour la santé physique et psychologique de l’enfant, la punition par privation comme l’appellent les psychologues a également ses limites. En effet, les parents sont moins exigeants lorsqu’ils décident de priver un enfant de repas ou d’argent de poche. Après quelques jours, ils sont tentés de lever prématurément la punition, perdant ainsi leur crédibilité. Mais surtout, leur autorité devant ces enfants. Ces derniers qui ne retiendront donc rien de la sanction qui leur a été infligée recommenceront à commettre la même bêtise.

 

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