Lundi, 18 Juin 2018
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Industrialisation : La Douce Utopie

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Ntamag

De mémoire de Camerounais émergent, le discours sur la nécessaire réorientation des jeunes vers l’agriculture en vue de l’industrialisation prochaine du Cameroun, récité comme un viatique, n’a jamais été autant moqué qu’aujourd’hui. Car s’il est clair qu’il n’y aura pas de développement sans agriculture au Cameroun, il l’est tout autant qu’il faut plus que des slogans tel que : « rentrez au village », pour inciter les jeunes à s’investir dans l’agriculture et dans la transformation. A l’observation, plus de 97% des initiatives privés dans le domaine agro-industriel, sont financées sur fonds propres, et les exemples de réussite sont légions dans la presse afin d’appâter de naïfs appétits. Tel jeune promoteur d’un GIC s’est installé dans la culture du cacao, tel autre aujourd’hui transforme le manioc, mais ce que l’on ne sait pas c’est que le coût de telles opérations en intrants, main d’œuvre et outils, est prohibitif pour le premier venu, et sans un appui volontariste et non-discriminant de l’état, il est fortement illusoire d’espérer obtenir la masse critique d’agriculteurs et d’industriels indispensable au développement tant claironné de l’agriculture de seconde génération. Nous le rappelons, malgré l’incroyable potentiel, la production  actuelle n’est pas en mesure de satisfaire la demande en vivre au Cameroun, ceci dû déficit de transformation pour la demande urbaine,  et au déficit d’accompagnement du producteur, car là où l’Europe, l’Asie ou l’Amérique ont fortement subventionné leur agriculture et leur industrie, le financement de la production au Cameroun, est « slogan », la Banque agricole, créée, baptisée et même capitalisée en 2011 à 10 Milliards est toujours attendue. Cependant des produits de fortes rentes tel que l’huile de palme, le Cacao, l’hévéa, n’en parlons pas du riz connaissent un déficit structurel à fort impact négatif sur la balance des paiements du pays. Dans le même temps, le développement industriel en l’état actuel de l’offre et de la distribution énergétique au Cameroun se cherche des ailes. L’énergie électrique pour une première transformation ou stockage de denrées alimentaires constitue un sérieux goulet d’étranglement, car nécessite des solutions alternatives très coûteuses, avec un coût prohibitif pour tout entrepreneur logique, 30% du budget actuel pour la transformation du cacao ou de l’huile de palme, avec des investissements lourds en machines et transformateur autonome. 2035 c’est déjà aujourd’hui et si l’on cite à souhait les exemples des partenaires asiatiques qui en 1975 se trouvaient à un stade de développement inférieur au Cameroun, si l’on se plait à raconter que le Cameroun faisait des dons à la Corée du Sud, l’on oublie d’expliquer et de soutenir que ceux-ci ont basé leur émergence exclusivement sur leurs avantages comparatifs constitués d’éléments endogènes tels que leur culture, leurs sols, et même leurs handicaps naturel, une forte sismologie pour le Japon, procédant par investissements massifs sur des pans entiers de l’économie locale, créant des champions industriels dans l’automobile et dans l’électronique. Avec le virage en cours vers les APE, nous militons pour plus de volontarisme, et moins de slogan !

Lucien Ntamag

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