Lundi, 23 Avril 2018
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2018 : j’ai fait un rêve

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Renouveau

Rendu au mois de septembre en cette année 2018, les nuages de la crise anglophone et de la guerre contre Boko Haram encombrent toujours le ciel socio-politique au Cameroun. Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont toujours scrutées comme du lait sur le feu. De temps en temps, on y note des éruptions de violence. Dans l’Extrême-Nord, les attentats-suicide sporadiques viennent rappeler que la secte terroriste est diminuée, mais pas terrassée.

Dans la perspective de l’élection présidentielle, prévue théoriquement en octobre, les candidatures, pour l’essentiel fantaisistes, se sont multipliées depuis le début de l’an-
née. Paul Biya et Ni John Fru Ndi, classés premier et deuxième à l’issue de la dernière présidentielle, semblent s’épier. Aucun des deux n’a encore déclaré sa candidature.
Le congrès du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) est annoncé pour mi-septembre. Nul ne sait si le conclave attendu depuis plus de cinq ans sera ordinaire ou extraordinaire. Une seule certitude, on en sortira avec le nom du candidat du parti au pouvoir à l’élection présidentielle, imminente. La convention du Social Democratic Front (SDF) devra également désigner dans les prochains jours le porte-étendard du parti à ce scrutin.

Le train-train autour de la rentrée scolaire, qui se disputait les devants de l’actualité avec le branle-bas autour de la consultation politique majeure, est entré en gare. Tous
les regards ou presque convergent vers le palais de l’Unité. Le remaniement ministériel, objet de moult conjectures, n’a pas eu lieu. Après un énième court-long
séjour en Suisse, au mois d’août, le chef de l’Etat a regagné Yaoundé sous les vivats de ses partisans, qui scandaient en chœur : « Paul Biya encore sept ans, ta mission
n’est pas finie à Etoudi… ». La date du congrès du Rdpc, finalement ordinaire, est fixée le 20 septembre 2018. Jean Nkueté, le secrétaire général du comité central du Rdpc, cheville ouvrière des travaux, est sur son 31. C’est lui qui est chargé de lire le récépissé de déclaration de cette manifestation, autorisée, sans surprise, par le sous-préfet de Yaoundé II, lui-même présent dans la salle. Le Sg a assidûment répété son texte pour éviter toute fausse note devant le président national.

Après le discours de politique générale, dans lequel PaulBiya déroule les acquis et défis du Renouveau, mais également les forces et faiblesses du Rdpc, appelé, à l’en
croire, à « négocier dans les prochains jours un virage important de son existence », les congressistes applaudissent à se rompre les phalanges. Suspension de séance.
Lorsqu’ils reviennent dans l’après-midi dans la salle pour renouveler le comité central et le bureau politique, mais surtout désigner le candidat du parti à la présidentielle,
ils sont tous gonflés à bloc. Enfin le jour où le « Grand camarade » va répondre à leurs appels, leurs supplications.

Coup de théâtre ! A peine le président de séance, le « Très honorable » Cavaye Yéguié Djibril a-t-il ouvert les débats que le président national demande la parole. « Chers camarades, j’ai décidé de ne pas être candidat à la prochaine élection présidentielle. Dans la foulée, je me retire de la présidence du parti. Dans les tout prochains jours, je convoquerai un congrès extraordinaire du parti au bout duquel sera désigné notre candidat. Je m’engage dès aujourd’hui à être à ses côtés au cours de sa campagne électorale, dans les dix régions du Cameroun (…) Vive le Rdpc, vive la République », déclare solennellement Paul Biya. L’effet de surprise a laissé l’assistance groggy. Le silence ambiant est tel qu’on peut entendre une mouche voler.

Deux minutes se sont écoulées. Du fond de la salle, on entend une salve d’applaudissements paresseuse. Cavaye Yéguié Djibril s’arrache pour lever la
séance. Le chef de l’Etat se presse vers la sortie. Sirènes hurlantes, il retrouve le palais d’Etoudi. Le congrès extraordinaire se tient la semaine d’après. Des ministres, parmi les plus inattendus, dévoilent alors leur ambition présidentielle. Un nom finit par rafler la mise. Le corps électoral, en vue de la présidentielle, est convoqué le 21 octobre 2018. Ce sera sans Paul Biya, mais aussi sans John Fru Ndi, qui a décidé de s’effacer pour l’un de ses vice-présidents. Face aux candidats du Rdpc et du SDF, Me Akere Muna, investi par un parti bien implanté à Douala, apparaît comme un sérieux
challenger. Aux urnes citoyens !

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